Extraits des entretiens

L’atelier matières à construire, amàco, lance en 2020 son projet numérique Ressources. Dans ces extraits, la responsable scientifique et pédagogique, Aurélie Vissac, et l’ingénieure pédagogique, Adélie Colletta, partagent avec nous quelques informations à propos d’amàco et de Ressources. Ces enregistrements ont été faits dans la semaine du  18 au 22 juillet, 2022 dans les installations des Grand Ateliers, bureau d’amàco, à Villefontaine. Il est conseillé écouter d’abord les extraits d’Aurélie Vissac car elle est un membre d’amàco qui a été présente depuis les débuts du projet Ressources.

Attention : il y a un peu de bruit sur certains extraits (2 ou 3), désolé pour la gêne occassionée.

Aurélie Vissac

Responsable Scientifique et Pédagogique du projet Ressources

Ingénieure de profession Aurélie Vissac est un membre de l’équipe d’amàco qui été témoin des premiers jours du projet Ressources. Dans cet entretien elle nous parle d’abord des fondements pédagogiques d’amàco pour ensuite nous décrire ce qui est Ressources, ses origines et son objectif. Elle nous parle également de Moodle, la raison pour laquelle il a été choisi comme plateforme de Ressources et enfin de H5P l’outil de création de contenus choisi.

Les fondements pédagogiques d'amàco : expérientielle et collaborative

Transcription

Donc, amàco, avant d’avoir le projet Ressources, il a été Lauréat d’in IDEFI (Initiatives d’excellence en formations innovantes). Donc c’est un projet innovant en formation qui est financé par les programmes de l’État, voilà amàco. Donc avant le projet Ressources pour développer justement une pédagogie expérientielle et collaborative donc ça c’est le fondemment d’amàco. Expérientiel dans le sens où, c’est l’apprentissage par le faire, c’est à dire par la manipulation de la matière, des matériaux, de juste constructure et l’idée c’est vraiment qu’on apprend en faisant, en faisant les choses, donc c’est centré sur des matières, amàco comme atelier de la matière à construire donc vraiment centré sur les matières pour la construction, pour le bâtiment, pour la construction. Donc, comment en fait on réunit tout un public d’apprenants que ce soit en formation initiale donc les Écoles d’architecture, les Écoles d’ingénieurs et puis petit à petit les équipes de maîtrisse d’eouvre aussi qui vient de se former à amàco et comment est-ce que par le faire, par la manipulation de la matière, par la pratique des techniques constructives on apprend et on s’approprie justement de ces techniques. Donc ça c’est la dimension expérientielle de vraiment faire pour comprendre et puis la dimension collaborative dans le sens où les formations développées par amàco elles sont pensées pour que les choses se fassent de manière collaborative en groupe parce qu’on est en intélligence collective, on est convaincu nous aussi que il y a des synergies, il y a des dynamiques qui se créent dans le groupe qui poussent les apprennants plus loin dans leurs apprentissages.

Transcription

Le numérique est arrivé donc dans la phase de, suite au confinement, en 2020, etc. avec le projet Ressources qui a été monté par nous cette période-là de confinement en fait parce que l’État a débloqué des fonds pour justement renforcer le volet numérique dans les établissements, la pédagogie numérique, parce qu’en fait, ce qui s’est passé pendant le confinement c’est que les enseignants se sont retrouvés pour la plupart démunis, en fait de, démunis puis seuls, assez isolés.

Transcription

Reesources c’est un projet avec neuf partenaires fondateurs donc amàco est le porteur du projet, l’établissement coordinateur mais il y a aussi cinq Écoles d’architecture donc Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Versailles et l’École d’archi de Normandie, il y aussi l’École de Chaillot de la Cité du Patrimoine, les Grands Ateliers et une école d’ingénieurs qui est l’INSA de Lyon. 

Transcription

Le projet Ressources en fait il est parti de la base de qui est amàco c’est-à-dire la pédagogie expérientielle est collaborative et avec, en fait, on a eu une première expérience du numérique avec le Mooc « Construire en terre crue » donc c’est pas quelque chose qui était là au départ mais ça s’est venu petit à petit s’hybrider avec ce qu’on faisait déjà, voilà, les aspects numériques et puis ça a été très fortement renforcé depuis 2020 avec la crise Covid. On avait déjà fait un Mooc sur une plateforme française qui s’appelle Mooc bâtiment durable, une plateforme de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), c’est ça, on avait déjà un pied dans le numérique, oui, avant de, donc il est sorti en 2019 et puis du coup est arrivé le confinement et en fait on a ressorti la deuxième session et la troisième session tout de suite pendant la phase de confinement et on avait déjà eu l’expérience d’une session avant le confinement d’ouverture de Mooc, ce qui fait que ça a vraiment mis le pied à l’étrier pour aussi construire le projet Ressources ensuite et pour s’appuyer dessus, voilà.

Transcription

L’idée du projet Ressources c’était de construire ensemble, de mutualiser en fait les cours existants dans divers établissements à travers de la France sur la construction bio-géo-sourcées, c’est-à-dire la construction en terre, la construction en pierre, en fibres végétales ou en bois. De mutualiser l’existant et puis de construire ce qui manquait pour aller plus loin dans ces cours-là, de construire ensemble ce qui allait plus loin et à la fois sur des contenus numériques qui sont hébergés sur une plateforme LMS mais qui sont en lien très fort avec des contenus expérientiels, des workshops, des actiones, etc., des activités collaboratives qui vont se passer en présentiel d’une manière ou d’une autre mais en tous cas hybrider avec justement ces contenus à la numérique. 

Transcription

Alors le choix on a mis longtemps à faire ce choix-là alors on a demeuré/démoiré/? le projet Ressources, sincèrement on connaissait pas les plateformes LMS, on a avait la connaissance de celle del’ADEM sur laquelle n travaillait mais on connaissait pas le marché. Donc on a commencé par faire une sorte d’étude de ce qui existait, des fonctionnalités et puis ce qui nous a guidé dans le choix ce qui fait qu’on avait plein de partenaires qui avaient déjà Moodle et donc en fait ça faisait sens de passer sur Moodle pour l’interopérabilité entre les différentes plateformes. 

Transcription

La plateforme que nous on a créée, la plateforme de Ressources elle centralise tous les contenus du consortium et ensuite chaque établissement partenaire qui dispose de son Moodle peut venir en fait récupérer des contenus sur cette plateforme et les sauvegarder sur celle de son établissement. Donc en fait la plateforme de Ressources elle est conçue pour accueillir les enseignantas et leurs étudiants pour ceux qui ont pas Moodle ou qui préfèrent travailler sur la plateforme de Ressources mais elle est aussi conçue pour que les enseignants qui disposent de Moodle dans leur établissement puissent reprendre les contenus de Ressources et de les transférer sur le Moodle de leur établissement et inviter du coup leurs étudiants dans leurs cours sur leur Moodle de leurs établissements. Voilà, il y a vraiment une passerelle qui se crée entre le Moodle de Ressources et le Moodle de chaque établissement.

Transcription

C’est une histoire de compatibilité avec des plateformes qui ne seraient pas Moodle, de pourvoir retransmettre des contenus. Donc à la fois Moodle pour l’interopérabilité entre les différents établissements et H5P pour que ce soit compatible avec des plateformes qui sont autres que Moodle. 

Transcription

Là où je suis satisfaite et là où j’ai vraiment mesuré la performance de cet outil c’est quand j’ai vu tous les enseignants qui au bout de deux ans de projet avaient eu du mal à se mettre dans Moodle et on a fait une réunion il y a pas très longtemps où notre ingé pédagogique a fait des ateliers prise en main de la plateforme et ils ont tous réussi. C’est-à-dire qu’ils sont tous, ils ont tous réussi à la manipuler, etc. alors que c’était vraiment pas gagnant au début du projet donc pour moi ça c’est le principal élément de satisfaction, voilà, il y a pas mieux en tous cas de voir que les gens s’en saisissent. 

Adélie Colletta

Ingénieure Pédagogique

Travaillant à peu près un an et demie dans le projet Ressources, Adélie Colletta partage avec nous quelques informations à propos des Ressources et surtout elle nous donne des exemples de modules contenant quelques activités de type expérientiel et collaboratif.

Transcription

Donc le projet Ressources c’est un projet de création de contenus pédagogiques à destination des écoles d’architecture et d’ingénierie du bâtiment sur la thématique des matériaux bio-géo-sourcés et c’est un  projet multipartenaire qui rassemble du coup plusieures écoles et plusieurs enseignants d’école d’architecture et d’ingénierie avec aussi des formateurs artisants qui sont Les Compagnons du Devoir et coordonné par amàco qui est un organisme des formations sur la question des matériaux bio-sourcés.

Transcription

Et du coup c’est un projet qui est né à l’initiative d’amàco et de certains partenaires en réponse à un appel à projet qui vient de l’Agence Nationale de la Recherche qui a été lancé en 2017 si je ne me trompe pas. Donc c’est un appel à projet sur l’hybridation des enseignements enfin de l’enseignement supérieur. Cet appel à projet il est sorti dans un contexte un peu particulier qui était celui du Covid, voilà c’est un appel à projet qui est sorti dans un contexte d’urgence pour répondre à une problématique qui était ben… les établissements d’enseignement supérieur sont obligés de fermer , les étudiants sont obligés de rester chez eux une partie de l’année scolaire et donc la continuité de l’enseignement est un peu perturbée et la question c’était comment on peut répondre à cette problématique-là en urgence en essayant de développer au maximun la formation à distance.

Transcription

Ça c’est l’approche qui a été proposée, enfin le cadre qui a été proposé par les porteurs du projet, pour amàco et ses partenaires qui avaient envie de développer ces types de pédagogies.

Transcription

Je vais commencer par le volet numérique parce que c’est un peu le volet qui était imposé en quelque sorte dans le cas de l’appel à projet parce que la question c’était formation à distance donc qui dit formation à distance dit forcément utiliser le numérique, donc il y avait la nécessité d’intégrer ce type d’outil en tous cas dans la réponse. C’est un gros enjeu pour les partenaires parce que peu d’entre eux avaient déjà des outils numériques à disposition. Quelques écoles avaient déjà des plateformes LMS de type Moodle mais finalement avec très peu d’utilisateurs parmi les enseignants. Dans certains établissements quelques enseignants qui utilisaient un peu Moodle mais vraiment de façon minoritaire. Il y avait aussi au delà du cadre imposé par rapport à l’appel à projet sur l’aspect numérique qui avait aussi une vraie envie de la part des partenaires d’aller vers de nouveaux formats et notamment d’utiliser de la vidéo, ce qui a été peu utilisée dans le cadre des formations présentielles mais qui amène des éléments enfin grâce au support vidéo on peut avoir des informations sur des chantiers, sur des projets sur d’architecture donc ça permet aussi de voir une façette de projet et d’enseigner d’une façon différente et puis il y avait aussi l’idée de réfléchir à ce que peut approter l’outil numérique à la formation, nottament avec ce regard d’architecte et donc on a réfléchi même si on l’a peu poussé dans le projet à comment on peut utiliser par exemple la modélisation 3D pour aller travailler sur des références d’architecture, etc. Donc il y a des groupes qui ont travaillé sur ces outils-là, qui a pas été poussé à son maximun parce que aussi on partait d’un niveau proche de zéro donc il a fallu voilà y aller petit à petit.

Transcription

C’est un type d’apprentissage qui est, c’est un peu partie de l’identité amàco donc c’est quelque chose d’assez fort qui était porté par amàco en tant que portant du projet et par certains de ses partenaires notamment l’école de Grenoble et de Lyon qui ont aussi des liens forts avec ce type de formation. L’idée de l’apprentissage expérientiel c’est de mettre l’étudiant enfin de l’amener à faire une expérience concrète avec la matière, ça c’est lapproche amàco. On rassamble les étudiants, leur fait expérimenter, toucher la matière, manipuler avec l’idée qu’ils s’en ressortent des connaissances et aussi que ça fasse évoluer leur connaissance et leur apprentissage. Donc il y a l’idée de voilà je fais une expérience qui suscite des émotions, il y a une très forte dimension  autour de l’émotion, de la sensibilité puisqu’on est sur des matières qui sont naturelles donc qui provoquent des émotions, des sensations. Donc je fais une expérience avec la matière, je fais le lien entre cette expérience et ce que j’ai déjà vécu auparavant et ce que peut-être je vais vivre après et ça m’amène à réfléchir sur ma pratique sur mon métier et à conceptualiser des choses et à appréhender mon métier différemment. 

Transcription

Et l’aspect collaboratif, lui il s’exprime un peu à fois aussi sur le numérique que sur le présentiel. L’apprentissage collaboratif c’est le fait de travailler ensemble, d’apprendre ensemble, ça aussi c’est une dimension très forte qui est portée par amàco mais qui est aussi portée par plein d’enseignants et qui est aussi très importante en lien avec les métiers de la construction. Quant on est architecte ou quant on est constructeur ou ingénieur ou peu importe on travaille sur des projets dans lesquels sont impliqués des multitudes de personnes, des concepteurs mais il y a les artisans, il ya les commanditaires, il y a les ingénieurs, les bureaux d’étude, etc. C’est toute une faune de professionnels et du coup le fait d’arriver à collaborer, à travailler en équipe c’est une compétence absolument essentielle pour un concepteur pour un architecte ou un ingénieur.

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Pour ces modalités-là on a essayé quand même de développer la contribution, c’est à dire, c’est tous les exercices on va demander à l’étudiant de partager quelque chose. Donc les forums, les bases de données, les choses sur lesquelles il peut alimenter et il peut aussi se confronter au vécu des autres, à l’avis des autres. Ça c’est une form e d’outil collaboratif voilà qu’on a intégré dans quelques modules en disant ben voilà vous avez, par exemple je parlais de l’expérientiel tout à l’heure avec l’expérience du son et des mains sur les oreilles et ben ça on l’a groupé avec une partie collaborative dans le sens on a associé un forum à cette activité en disant ben maintenant vous que l’avez fait qu’est-ce que vous avez ressenti, partagez votre sentier avec les autres personnes qui ont fait le même excercice. 

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On a commencé à toucher du doight un petit peu sur certains modules. C’est de proposer des expériences qui peuvent être réalisés en distanciel par quelqu’un tout seul chez soi. Donc on peut avoir dans certains modules des activités, des temps d’activités où en fait on a une expérience à réaliser chez soi. Donc par exemple sur le son on va avoir à un moment donné une consigne ou ben voilà on est chez soi on va mettre les coudes sur la table, on va plaquer les mains sur ces oreilles et on va écouter ressentir et on va du coup réfléchir peut-être essayer d’exprimer les sentiements que ça procure et d’essayer de faire le lien ensuite avec des éléments du cours, des éléments théoriques ou autres. Ça c’est de petites expériences qui peuvent être réalisés chez soi et qui peuvent être transmises aussi vers l’outil numérique.

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On s’est limité aux outils natifs de Moodle pour plusieures raisons. En fait il y avait d’une part l’idée d’avoir la certitude que les contenus pédagogiques qu’ils allaient pas être perdus et ça quant on utilise des outils externes en fait on est très dépendant de l’outil. Si j’héberge mes contenus sur Généally ou sur Padlet ou sur des outils comme ça, si demain Généally ferme ou Padlet ferme, j’ai tous mes supports qui sont plus disponibles d’un coup.

Transcription

On s’est imposé de travailler avec cet outil-là pour que d’une part on soit sûr que tout le monde puisse l’utiliser, ça c’était une partie importante en fait parce que… on aurait pu aussi choisir de travailler sur un outil auteur payant, d’exporter des contenus au format Scorm qui serait lu par Moodle et qu’on intègre comme ça. On l’a pas fait parce qu’on se disait aussi l’important c’est que les partenaires puissent aussi créer des contenus et en fait les partenaires ils ont pas les outils auteur, ils ont pas Storyline, ils ont pas de choses comme ça et si on veut qu’ils puissent se saisir de ces contenus, se les approprier, les transformer s’ils ont besoin de transformer ben il faut qu’on les rende accesibles et en fait via Moodle et via H5P tout est accesible s’ils veulent transformer leur contenu ils peuvent le faire. Donc pour moi c’est prometteur, ça veut dire qu’on peut aller les accompagner, les former et ça sera toujours plus simple de le faire, plus accesible avec des outils qu’ils ont déjà en fait dans leurs établissements.